Organiser des élections professionnelles avec le vote électronique implique des obligations règlementaires avant, pendant et après le scrutin. Cependant, l'une d'elles est trop souvent oubliée : depuis 2024, les organismes publics doivent transmettre à la CNIL les rapports d'expertise de leur système de vote.
Pourquoi le vote électronique dans la fonction publique est encadré aussi strictement
Le vote électronique n'est pas un simple outil technique. Il traite des données personnelles, engage des procédures électorales soumises au droit public, et ses résultats peuvent être contestés devant le juge administratif. C'est pourquoi son déploiement dans les trois fonctions publiques d'État, territoriale et hospitalière, est soumis à un cadre réglementaire précis, fixé par le Code général de la fonction publique (CGFP).
Une expertise indépendante obligatoire avant tout scrutin
- La solution dans son ensemble : architecture, chiffrement, intégrité des données.
- Les procédures opérationnelles : comment le système est configuré et utilisé pendant le scrutin.
- Les équipements informatiques utilisés dans le cadre du vote, tels que définis par le CGFP.
- Les opérations post-scrutin : clôture, procès-verbaux, archivage.
- Un rapport final à l'issue des opérations électorales, documentant la gestion des clés de déchiffrement, le scellement du système, le déroulement du dépouillement et la traçabilité de l'archivage.
Depuis 2024 : ces rapports doivent être envoyés à la CNIL
Comment s'y prendre en pratique
- Taille limite : 7 Mo par message. Au-delà, il faut contacter la CNIL à cette même adresse pour obtenir un accès à une plateforme de transfert sécurisée.
- Transmissions volontaires : cette adresse n'est pas réservée aux organismes soumis à l'obligation légale. Elle peut aussi être utilisée pour envoyer des rapports à titre volontaire, ou pour poser des questions relatives au vote électronique.
Qui est soumis à cette obligation ?
- les ministères et administrations de l'État ;
- les collectivités territoriales et leurs établissements publics ;
- les établissements publics hospitaliers et médico-sociaux ;
- les établissements publics administratifs (EPA) relevant du CGFP.